Qui sommes nous ?



*************** QUI SOMMES NOUS ?
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Nous sommes une association d'amateurs qui pratiquons la reliure pour notre propre plaisir. Notre local se situe à Draveil, au fond de l'allée du Portugal, qui longe la base de Loisirs.
Notre atelier est ouvert les Samedi matin (9h-12h) et après-midi (14h-17h), en présence de notre professeur, Mme Royer; mais également le Mardi matin et le Jeudi matin, sans cette dernière, et cela toute l'année à l'exception des jours fériés du calendrier.
Nous recevrons avec plaisir toute personne intéressée par la mise en valeur ou la sauvegarde des livres, pour connaître notre travail, nous voir à l'ouvrage, poser des questions au professeur, éventuellement s'inscrire à notre atelier, pourquoi pas ? ... cela à tout moment de l'année.
Donc à bientôt.........


Un mot du Président.
Ce blog est le blog de tous les Lieurs. Chacun peut y intervenir librement, insérer du texte, des photos,... Il n'y a pas de censure. Certes, on le constatera; la signature est le plus souvent celle du Président...timidité ? réticence devant l'ordinateur ? Allez savoir ! Peu importe; qui a choisi le rôle de l'animateur se doit de l'assumer !
Mais là n'est pas mon propos. Animateur, certes, mais pas formateur (il y a un professeur pour cela). Dans mes articles, je présenterai des travaux d'adhérents. Je n'ai pas qualité pour les juger. Le choix des œuvres présentées ne résulte que de la bonne volonté des adhérents de me les confier pour les photos. Les remarques que j'y ferai ne reflètent que l'impression d'un quidam qui, certes, aime les beaux livres, mais sans compétence particulière sur le sujet. Je me donne la position d'un journaliste, aucunement celle d'un spécialiste. Je tenais à préciser ce point, afin qu'il n'y ait pas de malentendu.




dimanche 21 juin 2015

Point de vue sur l’activité de restauration

Ecrit par Camille


L’atelier s’est quelque peu enflammé ces derniers jours au sujet de l’activité de « restauration ». La question est posée : fait-on de la « restauration de livres » aux Lieurs ?
On ne sera pas étonné de ma réponse ; oui, car sans rougir, j’ai créé un blog personnel sur le sujet, fièrement intitulé « restauration-livres… D’aucuns me répondent que non ! nous ferions au mieux de la « réparation de livres ». Réparation, dites-vous ? quel vilain mot ; rouleau de scotch ? papier adhésif ? bouts de ficelle ? … Pour le coup, on voudrait nous enterrer qu’on ne ferait pas mieux.
Soyons raisonnable ; le terme « restauration » est un terme de la langue française. Il n’a pas d’autre sens que celui du dictionnaire, et à ma connaissance, aucune loi n’en a réservé l’exclusivité à quiconque. Mon voisin tapissier restaure des fauteuils (il l’affiche dans sa vitrine), mon ébéniste m’a restauré une armoire, mais aucun d’eux ne sort de l’Ecole Boulle. Puis il y a des restaurateurs de pendules, de jouets, de poupées, etc…

Alors serait-ce une prétention que d’afficher une activité « restauration de livres » ? Non ! nous n’oublions pas que nous sommes des amateurs. Oui ! nous faisons de la restauration « amateur », comme nous faisons de la reliure « amateur », et comme nous ferions de l’ébénisterie « amateur » dans un club dédié à cette activité. C’est tout. Il n’y a pas de quoi fouetter un chat !

Nous avons à l’atelier une enseignante dont la compétence dans le domaine de la restauration du livre est avérée. Elle m’a mis le pied à l’étrier, comme à d’autres, pour cette activité. Elle connaît parfaitement les normes de la restauration institutionnelle, et nous informe chaque fois que nous les oublions. Cela voudrait-il dire que nous ne l’avons pas écoutée ? La plupart du temps, je crois appliquer les gestes de base qui m’ont été enseignés : couture, remontage sur toile de renfort (il s’agit presque toujours de couvertures percaline), fendage des plats si nécessaire, etc… cela avec mes erreurs, mes maladresses, mes échecs, certainement, comme tout le monde ; je suis un apprenti.  Mais devrai-je porter une casquette pour prétendre pratiquer la restauration … amateur, bien sûr !

Je vais faire amende honorable. On pourra en juger dans mon blog ; sur la base de cet enseignement, j’avoue prendre quelque liberté. Je voudrais m’en expliquer.

Un restaurateur est toujours, par nature, « conservateur-restaurateur ». Par définition, les deux termes sont intimement liés ; restaurer, c’est retrouver l’état initial », c’est donc conserver, et pour conserver, il faut reconstruire, donc restaurer. La nuance est dans la priorité  de ces termes. Les milieux institutionnels de la restauration (bibliothèques, musées…) sont par nature avant tout « conservateurs ». A juste titre, les règles y sont draconiennes. Cela, je le comprends parfaitement, et je partage totalement cette déontologie. Qui se donnerait le droit de trafiquer, si peut que ce soit, un ouvrage issu de  la bibliothèque de François 1er. Dans ce cas, l’intervention se résumera, à juste titre, à restituer la cohérence de l’ouvrage : couture, comblages sans fantaisies…Tout cela est parfaitement normal et parfaitement respectable.

Notre problème à nous, amateurs, n’est pas vraiment le même. Le « Robinson Crusoë» Editions Hachette 1930, trouvé dans le grenier de ma grand-mère, n’a rien à voir avec le livre de chevet de François 1er.  Il n’a aucune valeur patrimoniale. Parce que j’aime son caractère un peu désuet, je vais tâcher de le conserver au mieux, dans son état. Et si je peux, je m’en tiendrai là, comme je l’ai dit plus haut. Mais il est vrai que souvent, je suis tenté d’aller plus loin, parce que je veux aussi un ouvrage complet (je comble les manques par des photocopies, quelle horreur !), parce que je veux  un ouvrage propre, agréable à lire (j’essaie de traiter les tâches.. en les ponçant ; vous vous rendez compte !). Donc en général, je vais plus loin que le spécialiste, car en vérité, je suis plus « restaurateur » que « conservateur ».

La vérité est que, institutionnels et amateurs, nous travaillons sur des produits différents (XVIIIème ou avant pour les premiers-travail sur cuir-, fin XIXème ou XXème pour les seconds-travail sur percaline ou papier), avec des objectifs différents ("conservation" d’abord pour les premiers, "esthétique" d’abord pour les seconds). Le terme de « restauration » reste assez général pour nous regrouper, terme que l’on a tout loisir de préciser : « institutionnel », « amateur ». Au delà de remarques un peu niaises («Voyons, on ne prétend pas faire de la restauration quand on efface les tâches au papier de verre ! quand , quand, quand…») l’appellation « restauration » ne saurait être accaparée par personne sauf par réflexes purement corporatistes. Ne suivons pas ceux là sur ce chemin.

Et en restant conscients de nos faiblesses, ayons au moins la fierté de notre travail !
 

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