Qui sommes nous ?



*************** QUI SOMMES NOUS ?
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Nous sommes une association d'amateurs qui pratiquons la reliure pour notre propre plaisir. Notre local se situe à Draveil, au fond de l'allée du Portugal, qui longe la base de Loisirs.
Notre atelier est ouvert les Samedi matin (9h-12h) et après-midi (14h-17h), en présence de notre professeur, Mme Royer; mais également le Mardi matin et le Jeudi matin, sans cette dernière, et cela toute l'année à l'exception des jours fériés du calendrier.
Nous recevrons avec plaisir toute personne intéressée par la mise en valeur ou la sauvegarde des livres, pour connaître notre travail, nous voir à l'ouvrage, poser des questions au professeur, éventuellement s'inscrire à notre atelier, pourquoi pas ? ... cela à tout moment de l'année.
Donc à bientôt.........


Un mot du Président.
Ce blog est le blog de tous les Lieurs. Chacun peut y intervenir librement, insérer du texte, des photos,... Il n'y a pas de censure. Certes, on le constatera; la signature est le plus souvent celle du Président...timidité ? réticence devant l'ordinateur ? Allez savoir ! Peu importe; qui a choisi le rôle de l'animateur se doit de l'assumer !
Mais là n'est pas mon propos. Animateur, certes, mais pas formateur (il y a un professeur pour cela). Dans mes articles, je présenterai des travaux d'adhérents. Je n'ai pas qualité pour les juger. Le choix des œuvres présentées ne résulte que de la bonne volonté des adhérents de me les confier pour les photos. Les remarques que j'y ferai ne reflètent que l'impression d'un quidam qui, certes, aime les beaux livres, mais sans compétence particulière sur le sujet. Je me donne la position d'un journaliste, aucunement celle d'un spécialiste. Je tenais à préciser ce point, afin qu'il n'y ait pas de malentendu.




dimanche 19 juin 2016

Doisneau comme un bijou

Rédigé par Camille

Doisneau a inspiré nombre de nos amies. Après Christine et Michèle, c'est Barbara qui s'y colle, et "ça déménage" !




On reprend le même Doisneau que nos amies Chris-Mich. (cf article du 13 Janvier 2016), mais cette fois suivant une technique dite "japonaise", cependant légèrement différente de la technique japonaise précédemment utilisée par Michèle (6 Janvier 2016) et Barbara, déjà (1er Février 2016).






D'après les photos ci-dessous, on peut comprendre la construction de l'ouvrage. Chaque cahier du livre est équipé d'un "faux cahier" blanc, de même épaisseur, de quelques cm de largeur, qui lui fait dos. Le lien entre tous ces éléments est réalisé par des rubans minces qui, passant dans deux rangées de trous avec retour sur le dos du livre, réalisent un laçage ferme de l'ensemble.


La couvrure est réalisée dans un cuir récupéré dans un vêtement.
La photo du premier plat est, à la base, une photo de Doisneau, rehaussée par des éléments inspirés de quelques photos du livre, prélevés dans un pop-up commercial (tour, arbre...), ou découpés dans du carton (étendage..). Le titre est prélevé dans la couverture initiale. L'ensemble est collé sur le plat en légère incrustation, entouré d'un listel.



 La photo ci-dessus montre les pages de garde, constituées d'un tissu en soie naturelle moirée. Pour la pose du tissu, la soie est amidonnée à la bombe avant collage. Un festonnage de dentelle est ensuite posé, à nouveau par amidonnage et collage à la bombe.



L'ouvrage est complété par la pose d'un galon sur le dos, que l'on voit ci-dessus sur la photo centrale. Les autres photos montrent quelques détails en plan rapproché: laçage, feston.

Un bijou se doit d'avoir un écrin digne de lui, et c'est le cas. Barbara nous propose une sorte de couvre-livre en 3 volets, que l'on voit ci-dessous fermé (à gauche), étalé (en haut à droite).


La peau est identique à celle du premier plat, le revers également de la même soie que les gardes couleur. Les décors sont à nouveau des extraits de pop-up en carton. La 3ème photo montre un détail de l'ensemble, en particulier la fermeture par bouton pression.

Je n'ai pas la compétence pour porter un jugement technique sur la reliure; je ne peux que donner le sentiment, forcément subjectif, d'un "quidam", au demeurant amateur de beaux livres. C'est original, plein de trouvailles tant artistiques que techniques, quelquefois osées... En résumé, pour moi, c'est du très beau travail !

mardi 14 juin 2016

Deux nouveaux stages

Rédigé par Camille

 Ce 6 Juin, ce sont deux de nos relieurs, Amap et Fabrice, qui ont souffert sous la férule de nos infatigables (et inséparables) formateurs-stage, j'ai nommé bien sûr Christine et Michèle.

Il semble que nos amis aient enduré l'épreuve sans se plaindre; voire, m'ont-ils confié, avec un certain plaisir.

Le stage est, chez le Lieurs, une affaire qui marche, et il faut que ça continue.

vendredi 10 juin 2016

Mardi 24 Mai, Visite de l'exposition "La Franc-Maçonnerie" à la BNF

Rédigé par Camille

Ce Mardi 24 Mai, nous étions neuf relieurs et quelques un de leurs conjoints, Paul, Amap, Fabrice, Michèle M., Christine, Claude B. et une amie, Béatrice et moi-même, à vouloir pénétrer tant soit peu le monde mystérieux de la Franc-Maçonnerie, à travers l'exposition de la BNF sur le sujet.

 

Notre accompagnatrice, par le ton passionné de son discours, par son érudition ne nous a pas déçus.

Je vais tenter de restituer cette visite à travers quelques photos prises, sans la prétention d'être exhaustif, peut-être avec quelques erreurs que l'on n'hésitera pas à me signaler.

 La Maçonnerie "opérative"

La maçonnerie, c'est au début une philosophie attachée à la construction des cathédrales, appuyée sur le concept de "Dieu, Grand Architecte de l'Univers" (miniature ci-contre: "La Cité de Dieu", Saint Augustin). Le Maçon est alors un constructeur qui se réfère au personnage Hiram de la bible, supposé architecte-bâtisseur du temple de Salomon. On lira ci-dessous sa légende, suivie d'un dessin de la base du temple (Sainte Bible, Lyon), et de 3 miniatures évoquant ce légendaire chantier ( "La fleur des histoires", manuscrit XVIème siècle).





 Les outils de construction sont élémentaires (ci-contre), mais déjà apparaissent des ouvrages manuscrits consacrés aux règlements ( en médaillon, "Le livre des métiers"; Etienne Boileau, fin du XIIIème), ou des carnets comportant, entre autres, des représentations des techniques de construction de l'époque (ci dessous).








Plus tard, l'imprimerie favorisera la diffusion de véritables ouvrages techniques (ci-contre"Théorie et pratique de la coupe des pierres et des bois", 1737).





Au XVIIème siècle, dès lors que les maçons commenceront à recevoir dans leurs réunions des membres dits "acceptés", c'est à dire non opératifs, la maçonnerie "opérative" fera place progressivement à la Maçonnerie "spéculative", où le lien avec la construction s'effacera au profit de discussions philosophiques de toute nature.


La Maçonnerie moderne

De la Maçonnerie spéculative naîtra au XVIIème la véritable Maçonnerie moderne, initialement en Grande-Bretagne où se formeront les premières Loges, lieux de rencontre et d'échange sans lien avec la construction.  Le symbolisme y tiendra dès lors une place centrale. Ainsi on verra ainsi apparaître un "alphabet maçonnique", sorte de cryptage simple de l'écriture.

Les photos ci-dessous présentent  une planche et un  livre regroupant des symboles usuels de la maçonnerie, un commentaire sur la signification de l'équerre et du compas, et une montre où des symboles tiennent la place des chiffres (fin XVIIIème).








Les ouvrages relatifs à la Maçonnerie porteront dès lors les symboles de cette obédience; ainsi les deux livres ci-contre à g. et, plus tardif, un exemplaire du code Napoléon, à d.






La Maçonnerie "des lumières"

La Franc-maçonnerie va accompagner fidèlement le mouvement "des Lumières". Des Loges vont se créer dans toutes les grandes villes, telle la "Loge des neuf sœurs", qui soutiendra la Révolution, et abritera Benjamin Franklin et Voltaire.
On verra se rallier au mouvement maçon des personnalités d'origines très différentes, tel Casanova (ci-dessous à d.), qui sera initié en 1750, ainsi que de nombreux savants dans la mouvance d'Isaac Newton et de la Royal Society ( Desaguliers, "cours de physique", à g.).
 


Mozart adhèrera au mouvement qui lui inspirera l'Opéra "La Flûte enchantée", mettant en scène un parcours initiatique, sur fond de lutte entre la lumière et les ténèbres.


La vie du "Frère maçon"

L

 Ci-dessus, à côté d'une allégorie du temple (à g.), la maquette ouverte (au centre) représente la principale pièce de travail où chaque participant a une place bien définie. Au XIXème, on verra apparaître l'urne à voter (à d.) pour décider ou non de l'acceptation d'un nouveau Frère - plus de boules noires que de blanches et le candidat est... "blackboulé".

Dans la Loge sont discutés les sujets les plus divers. Le document ci-dessous est un exemple de rapport faisant suite aux discussions en Loge sur la question de l'éducation.


 Au delà des discussions philosophiques, les Frères sauront se divertir, comme en témoignent les menus ci-dessous, et l'affiche du bal maçonnique, sous couvert d'une fête de bienfaisance.



 Les attributs du Maçon

La tenue de cérémonie du Maçon comporte de nombreux éléments distinctifs, dont le sautoir, différent suivant le grade (ci-dessous à gauche) ou le tablier (trois vues à droite). Ce dernier, relevé de sa fonction initiale de protection du maçon tailleur de pierre, devient une véritable œuvre d'art, de soie ou de satin, brodé ou peint, possédant une forte charge symbolique.


Les vues qui suivent représentent deux tabliers, l'un est celui d'un chevalier d'Orient, l'autre est dit "tablier de Voltaire"...


 ... et le suivant est un tablier de "Maîtresse maçonne" représentant l'"arbre de la connaissance", connaissance supposée accessible aux seuls initiés.


 Evolution et diversification

Après la révolution, la Maçonnerie adoptera les concepts de la République. Les principes seront ceux d'une démocratie laïque et pacifiste, comme en témoigne cette affiche au lendemain de la défaite de Sedan.  


A partir du XIXème, le mouvement maçonique se diversifie. Ainsi vont apparaître des loges féminines,dont on voit ci-dessous le sautoir et le tablier.


Le mouvement inspirera celui des "Carbonari" en Italie (ci dessous à g, un certificat d'adhésion), la création d'un orphelinat maçonique (bannière à d.), et bien d'autres institutions parallèles.


Contestation

A partir de la fin du XIXème, le mouvement devra subir les assauts de la contestation, comme le montrent les affiches, expositions, publications ("Les mystères de la Franc-Maçonnerie; Léo Taxil), un jeu de l'oie satyrique (Le jeu de la casserole)...



 et même un film à forte virulence antimaçonnique ("Forces occultes", 1943).