Qui sommes nous ?



*************** QUI SOMMES NOUS ?
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Nous sommes une association d'amateurs qui pratiquons la reliure pour notre propre plaisir. Notre local se situe à Draveil, au fond de l'allée du Portugal, qui longe la base de Loisirs.
Notre atelier est ouvert les Samedi matin (9h-12h) et après-midi (14h-17h), en présence de notre professeur, Mme Royer; mais également le Mardi matin et le Jeudi matin, sans cette dernière, et cela toute l'année à l'exception des jours fériés du calendrier.
Nous recevrons avec plaisir toute personne intéressée par la mise en valeur ou la sauvegarde des livres, pour connaître notre travail, nous voir à l'ouvrage, poser des questions au professeur, éventuellement s'inscrire à notre atelier, pourquoi pas ? ... cela à tout moment de l'année.
Donc à bientôt.........


Un mot du Président.
Ce blog est le blog de tous les Lieurs. Chacun peut y intervenir librement, insérer du texte, des photos,... Il n'y a pas de censure. Certes, on le constatera; la signature est le plus souvent celle du Président...timidité ? réticence devant l'ordinateur ? Allez savoir ! Peu importe; qui a choisi le rôle de l'animateur se doit de l'assumer !
Mais là n'est pas mon propos. Animateur, certes, mais pas formateur (il y a un professeur pour cela). Dans mes articles, je présenterai des travaux d'adhérents. Je n'ai pas qualité pour les juger. Le choix des œuvres présentées ne résulte que de la bonne volonté des adhérents de me les confier pour les photos. Les remarques que j'y ferai ne reflètent que l'impression d'un quidam qui, certes, aime les beaux livres, mais sans compétence particulière sur le sujet. Je me donne la position d'un journaliste, aucunement celle d'un spécialiste. Je tenais à préciser ce point, afin qu'il n'y ait pas de malentendu.




samedi 18 février 2017

Un tutoriel pour la reliure d'emboîtage

Aux manettes: Amap
A la photo: Camille

Cet article a pour vocation d'être fourni aux personnes ayant effectué le stage d'initiation à la reliure dit "stage livre de poche", afin qu'ils puissent disposer après la sortie d'un document synthétique sur leur apprentissage.

Notre tutoriel n'a aucune prétention au professionnalisme. De fait, nous nous sommes tenus aux approches les plus classiques, avec un objectif "minimaliste", qui est d'obtenir un résultat de qualité dans un temps minimum. Dans les détails, certains pourront critiquer tel ou tel choix pratique. Nous serons heureux de recevoir ces points de vue, soit par courriel (pouvant éventuellement nous amener à des modifications), soit dans les commentaires, s'il s'agit de simples variantes.

Afin de ne pas allonger démesurément l'article, les photos seront présentées en petit format. On n'hésitera pas à les agrandir en cliquant simplement dessus. On revient ensuite au blog par la croix en haut à droite de la photo.

Les * renvoient à des notes en fin d'article, repérées par le numéro du paragraphe.



1. L'ouvrage*.
On se propose de traiter l'ouvrage "Quatre générations sous un même toit", de Lao She, Tome II, collection "Folio" (poche) (Photos 1.1 à 1.3).

2. Dimensions.
On relève les dimensions du livre: hauteur des "plats"* h (2.1), largeur d (2.2), largeur du dos* e, chiffres que l'on note (2.3).


3. Débrochage.
On détache la couverture. Il suffit en général de tirer dessus avec soin* (3.1).
 Les zones de collage, côté livre et côté couverture, présentent alors des résidus de colle (3.2, 3.3).

4. Nettoyage.
On place le corps du livre dans une presse de relieur (4.1), et l'on ponce le dos du livre (4.2) puis la zone de collage au revers de la couverture (4.3).

 5. Coupe et pose des pages de garde.
Les pages de garde sont des pages blanches (ci-après nommées "gardes blanches") que l'on dispose en début et fin du livre (dédicaces, notes,...).
On coupe dans un papier approprié* deux feuilles de hauteur (h+1cm), de largeur (2d+2cm) (5.1). On les plie au milieu de cette largeur. On place ensuite sur le livre une macule (5.2) ne laissant apparaître qu'une bande de 4mm env. le long du dos.
On encolle sans excès cette bande (5.3). On enlève la macule et l'on place une garde (pliée) centrée, au ras du dos (5.4). On assure le collage au plioir (5.5).
On fait de même pour l'autre page de garde en fin de volume.

 6. Recoupe des pages de garde.
Il s'agit de recouper les "gardes blanches" aux dimensions du livre.
Pour cela, on place une plaque de zinc sous les pages de garde et sur elles une règle tangente au bloc-livre, le livre étant fermé (6.1). On coupe au scalpel en suivant la règle (6.2).
En tête et queue* du livre on doit finir les coupes au ciseau (6.3).
Les pages de garde ne se distinguent plus du corps du livre (6.4).


 7. Coupe des cartons.
Les cartons vont permettre de construire pour le livre une couverture dure. Leurs dimensions sont hauteur (h+2c), largeur (d+c), c étant la "chasse"*, en général 2 ou 3mm.
On coupe d'abord à la cisaille, ou au cutter sur un zinc 2 cartons de dimensions plus grandes
(7.1), et l'on finalise les coupes exactes à la cisaille. Pour cela, une première coupe permet de repérer un premier angle droit, que l'on marque sur les deux cartons. En suivant cet angle droit comme référence, on règle la cisaille (7.2) pour couper les cartons aux dimensions exactes (7.3). On peut alors vérifier la qualité géométrique de l'ensemble (7.4), éventuellement envisager des recoupes.

  8. "Grecquage".
Il s'agit de créer un ensemble de fentes en croix, par ex. 5 croix, qui recevront les fils de couture.
On coupe un ensemble de 10 brins de fil (calibre normalisé env. 20)*, longueur 6cm env. (8.1).
Le livre étant placé dans la presse, on dessine les 5 croix à distances sensiblement égales (8.2). A l'aide d'une scie à grecquer*, on creuse les fentes (8.3) d'une profondeur suffisante (1 à 2mm) pour pouvoir y loger le fil sans qu'il apparaisse* (8.4) .
Le dos a alors l'allure de la photo (8.5). 



 9. Pseudo-couture.
Les brins de fil, une fois logés et collés dans les fentes, vont constituer une véritable "couture" pour les feuillets.
On encolle le dos en ayant soin de bien nourrir les fentes (9.1), puis on noie les fils dans les fentes (9.2). On pourra s'aider de la pointe du plioir pour mieux enfoncer les fils dans leur logement (9.3). Le dos se présente alors comme sur la photo (9.4).



10. Pose de la mousseline.
La mousseline forme un lien qui unit et bloque entre eux les feuillets et les fils.
On coupe une bande de mousseline (10.1) de largeur (e+3cm), hauteur (h+2cm). On enduit grassement de colle le dos (10.2) puis on pose la mousseline (10.3). On assure le collage au plioir (10.4). On peut éventuellement rajouter une couche de colle.



11. Pose d'une bande de papier Kraft au dos. (facultatif)*. Elle facilitera le collage au chapitre 15.
On coupe une bande de papier Kraft (11.1) de largeur (e+2mm), de longueur supérieure à h.
On encolle cette bande, et si nécessaire le dos, (11.2), et on applique exactement l'un sur l'autre (11.3). Le dos a alors l'allure de la photo (11.4)

12. Confection d'un soufflet.
 Un soufflet est une espèce de "tube" creux qui permet au livre de s'ouvrir sans casser le dos.
On coupe une bande de carte bulle* (3/10 ou 4/10),  de largeur e et de longueur supérieure à celle des cartons (12.1). Le sens "roulant"* de la carte doit être celui de sa largeur e.
On coupe un papier Kraft de largeur (3e+1cm), de hauteur supérieure à la carte. On replie ce papier de façon à former un U dont un des volets a la largeur e (12.2).
En protégeant les volets du U par des macules, on encolle le fond de ce U (12.3) et l'on vient y loger la carte (12.4), ce qui donne le résultat (12.5). On referme le petit volet que l'on enduit de colle (12.6) par dessus et l'on y rabat le grand volet. (12.7).
On recoupe ensuite le tube ainsi formé à la longueur exacte des cartons (12.8), puis on coupe la partie de Kraft qui dépasse en largeur (12.9). On repère ensuite une distance à 2cm des extrémités (12.10). On dégage ainsi 2cm de Kraft à chaque extrémité (12.11). Les deux zones ainsi "réservées" aux bouts du soufflet ne devront pas recevoir de colle jusqu'à la fin.
On obtient le "tube" (12.12) pour lequel on doit pouvoir vérifier le passage libre à l'intérieur.

13. Préparation de la couverture.
Il s'agit d'assembler les pièces que l'on vient de préparer: cartons, soufflet, sur la toile de couverture.
On coupe dans la toile choisie un rectangle de côtés h+4cm et (2d+e+5cm) (13.1). A la règle on tire un trait de base à env. 2cm du bord  puis le long de ce trait, on dispose, centrés, les 2 cartons et le soufflet (13.2). On remarquera que l'on a ménagé entre le soufflet et les cartons un espace très légèrement supérieur à l'épaisseur d'un carton. On trace ainsi le contour des 3 éléments (13.3).
On encolle un des cartons (13.4) que l'on vient placer sur son rectangle (13.5). On encolle ensuite le soufflet (côté carte) (13.6) que l'on place à sa place (13.7) puis de même le 2ème carton (13.8). Au compas, on repère la plus petite largeur du rebord de toile (13.9) que l'on reporte sur tout le pourtour. On recoupe ainsi très précisément le rectangle de toile (13.10).

14. Collage des remplis*.
Il s'agit de replier vers l'intérieur les débords de la toile.
On  trace sur chaque coin de la toile une ligne à 45°, à une distance du carton légèrement supérieure à l'épaisseur du carton (14.1). On retourne les remplis vers les cartons en prenant soin de "casser" les plis, au plioir, sur les bords (14.2). On encolle un des remplis (14.3) puis on le rabat sur le carton (14.4) en prenant soin de pincer l'angle aux extrémités comme sur la photo (14.5).
En procédant de même pour les autres remplis (14.6), on obtient le résultat (14.7) côté intérieur et (14.8) côté extérieur.

 15. Assemblage du livre.
Il s'agit maintenant d'assembler le bloc-livre et sa couverture.
On commence par recouper les débords du livre au ras du dos (15.1) et les fils de couture (15.2) au ras du livre (15.3)*.
Il s'agit maintenant de coller le dos du livre sur la seule partie Kraft du soufflet. On encolle la zone Kraft du soufflet*, puis on pose le dos au centre de la couverture (15.4). On dispose d'un temps très court pour refermer le livre, vérifier et éventuellement corriger le centrage, les chasses...(15.5). On assure le collage du dos en le frottant quelques minutes (15.6). On laisse sécher quelques instants.
On termine cette étape en rouvrant le livre. On rabat la mousseline de façon à la coller sur les cartons* (15.7).

16. Coupe des gardes-couleurs*
Les gardes-couleurs sont des pages généralement décorées dont une moitié tapisse le revers d'un plat et l'autre moitié la première garde blanche.
Ayant choisi un papier couleur (16.1), on pose le livre ouvert, à l'envers, sur son premier plat et sur le revers du papier. On marque au crayon le bord du plat exactement, puis le contour du livre avec un débord d'au moins 1cm (16.2). On retourne le livre et l'on fait de même pour le 2ème plat (16.3). On coupe au scalpel ces deux contours ainsi tracés (16.4) pour obtenir les formes (16.5). On délimite au revers, au crayon, la plus petite moitié qui sera la "garde collée", la plus grande étant la "garde volante".
Au compas, on mesure la plus petite chasse du livre (16.6), que l'on reporte, en marquant bien quelques points, sur les bords de le pourtour de la "garde collée" (16.7). Au revers, l'alignement des points (16.8) définit sur le pourtour des bandes que l'on dégage au scalpel (16.9). On fait de même pour l'autre garde-couleur.

 17. Collage des "gardes-collées"
Il s'agit de coller les "gardes collées" au revers des plats.
On ouvre le premier plat que l'on supporte par des ais. Au dos de la garde-couleur, on encolle la partie "garde collée" (17.1), et éventuellement le carton (17.2), en veillant à ne pas déborder sur la toile (double encollage). On dépose légèrement le papier sur le carton et on le déplace sans sans jamais appuyer tant que la position parfaitement centrée n'est pas trouvée (17.3). On frotte légèrement la surface à travers une macule.
Avec une macule, on délimite une bande de 5mm env. sur le livre le long du mors (17.4), que l'on encolle sans excès, ainsi que l'intérieur du mors (17.5). Puis en maintenant le livre à ouverture de 120° (17.6), on force le papier au fond du mors en assurant avec le collage avec le plat du plioir. On maintient cette position quelques minutes. Après quoi on fait de même pour l'autre plat. Le livre doit se refermer sans former de pli au fond du mors.


 18. Collage des "gardes volantes"
Il s'agit de coller les gardes volantes sur les gardes blanches.
Cette étape doit se mener avec rapidité. Le livre étant ouvert à la première garde blanche, on insère une macule sous cette page, puis on encolle la garde blanche (18.1). On change immédiatement la macule et l'on rabat la garde-couleur (18.2), puis on enlève la macule. On fait de même pour le second plat. On met aussitôt le livre sous une presse entre des ais. Après quelques minutes, on doit vérifier un collage parfait.

  
19. Recoupe des gardes volantes
Il s'agit de couper les débords des gardes volantes sur le bloc-livre.
La méthode est la même que pour la recoupe des gardes blanches (paragraphe 6). On dispose un zinc sous la garde volante, puis une règle sous le bloc livre. On coupe au scalpel le long de la règle.

20.  Eléments du décor.
Il s'agit de décorer l'ouvrage avec des éléments prélevés sur l'ancienne couverture.
On reprend l'ancienne couverture. On y prélève les éléments de décor que l'on souhaite conserver (20.1, 20.2). Si les éléments sont glacés au dos, on devra les poncer pour favoriser le collage. Toujours au ponçage, on amincit également les bords des éléments. On colle enfin ces éléments sur le livre.

21. C'est terminé !!! (21.1 à 21.3.


Notes.
Les numéros des notes renvoient aux paragraphes de mêmes numéros, et aux phrases munies d'un *.

1.Il faut nécessairement un livre non cousu, à couverture souple. Il faut préférer un livre ni trop mince (au moins 15mm) ni trop épais (moins de 40mm), et dont le dos ne soit pas trop creux.
2. Rappels de vocabulaire. La couverture est formée de 2 "plats" (l'endroit et l'envers), qui sont joints par une bande étroite: le "dos".
3. Si le livre éclate en 2 ou 3 blocs, il suffira de les maintenir ensemble jusqu'à la phase 11.
Si les éléments de la couverture se séparent, ça n'a pas d'importance. Le dos, souvent abimé, peut être perdu.
5. Le papier vergé est recommandé, les trames en filigrane étant disposées dans le sens de la hauteur h. Pour connaître le sens d'un papier, on le pince entre deux ongles et l'on tire dessus; il plisse dans son sens d'allongement. Ce sens doit être celui de la largeur d.
6. La "tête" et la "queue" du livre sont les zones du haut et du bas du livre.
7. La "chasse" est, pour les livres reliés, la largeur du débord de la couverture par rapport au corps du livre. Sur les reliures finies, elle est rarement constante sauf...pour les reliures parfaites.
8. Les fils de reliure sont normalisés à des épaisseurs codées de 50 (très fins) à 8 (très gros); moyenne 20. La scie à grecquer est un outil de relieur. A défaut, une scie à métaux peut convenir.
Si le dos du livre est creux, la scie ne peut atteindre les feuillets du centre. On peut compléter le grecquage à la pointe de relieur, ou au scalpel.
11. Nous recommandons cette pratique non standard. La largeur e+2mm se justifie parce qu'elle permet d"enrober" légèrement le livre.
12. La "carte bulle" est un carton souple utilisé en reliure, d'épaisseurs 2/10 à 6/10.
On repère le sens de la carte par le fait que dans un sens (sens roulant), on peut faire rouler un pli en forme de U, alors que dans l'autre sens, le même pli ne roule pas mais se brise.
14. Les "remplis" sont les rebords de la toile qui seront repliés sur les cartons
15. En pratique, on recoupe souvent aussi la mousseline au ras du livre. Evidemment, dans ce cas, on sautera l'opération de collage de la mousseline en fin du paragraphe.
On conservera la mousseline  dans le cas d'un livre lourd, ou d'un livre devant être manié souvent ou sans soin (livre d'enfant).
Pour l'assemblage livre-couverture, on peut pratiquer le double encollage, en encollant également le dos. Il faudra prendre soin que cet encollage n'atteigne pas les parties réservées aux bouts du soufflet.
16. Les traits de crayon des figures (16.2) ou (16.3) ne seront visibles qu'en agrandissant la photo en cliquant dessus. On reviendra au blog par la croix en haut à droite de la photo



dimanche 12 février 2017

Visite à l'Ecole Estienne

Rédigé par Camille

Ce 20 janvier, nous étions trois "Lieurs": Edmond, Amap et moi-même, qui nous étions donnés rendez-vous à l'Ecole Estienne, école majeure dédiée aux arts graphiques. Evidemment, ce sont les ateliers "Reliure" et "Dorure" qui nous intéressaient principalement.

Nous en avons ramené les photos de quelques réalisations qui, je l'espère, donnent un bon aperçu du travail des élèves.
Toutes les photos peuvent être agrandies en cliquant dessus. On retourne ensuite au blog par la croix en haut à droite de la photo.

Ci-dessus, à gauche: reliures Bradel plein papier dominoté. A droite, reliures pleine peau fantaisie.


Diverses reliures avec montages sur onglets


Matériaux divers pour les plats


 Structures "alternatives"




Exercices d'entraînement pour la dorure: titrage des dos et fleurons.





Exercices imposés de réalisation de mosaïques de cuir



















 A gauche, aperçu sur le travail préparatoire à une mosaïque. A droite, on est dans l'atelier de gravure; il s'agit là d'un exercice imposé de gravure sur bois en deux couleurs.